L'ARBRE SEC ET L’ARBRE DÉPOUILLÉ PAR L'AUTOMNE
Deux arbres s’élevaient au milieu d’une plaine, Tristes et dénudés, car de leur froide haleine Les bises de l'hiver
Avaient déjà flétri le chaume et le bocage.
L'un des deux, toutefois, pour perdre son feuillage, N’avait pas attendu l'automne. Un petit ver,
En le mordant au cœur, avait gâté sa sève.
Quand le cœur est atteint, la vie, hélas! achève.
Des rameaux sans vigueur séchèrent tour à tour Sans retour, Les plus hauts les premiers ; car il faut de la force | Sous l'écorce Pour faire reverdir les branches du sonimet, (Comme il faut de la flamme Dans notre âme Pour nourrir les vertus que le Seigneur y met.
Cet arbre malheureux voyait avec envie
Son ancien compagnon auprès de lui fleurir, Mais il gardait le ver qui le faisait périr.
( — Quand Pautomne viendra, sur sa cime flétrie Pas plus, se disait-il, que sur mes vieux rameaux Ne se réuniront les gais petits oiseaux : E Oui, quand viendra l'automne, Il perdra sa couronne Et vers le sol jauni penchera son front nu ; Et ceux-là qui l’auront connu, En le voyant, pourront sourire.
: L Æ En effet, l'hiver arriva : yo
Puis l'arbre sec se prit encore à dire :
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