‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 23 sur 182 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

—Tu trembles, tu te plains, et c’est bien jar ta faute, —

Dit, à son vieil ami, l'arbre vert du vallon, Un jour que l’aquilon

Hurlait au front de la colline Et que l'arbre d’en haut se tordait en tous sens— Descends donc près de moi, pauvre insensé, descends ! Ici pas de tempête; à peine l’on s’ineline ; À peine un souffle frais caresse nos rameaux, Et l'on est à l'abri de presque tous les maux.

L'autre ne répond pas. Tout entier à la lutte, I se courbe et se dresse, il s’agite et frémit ; Ses racines de fer au sol qui s’affermit Se cramponnent plus fort pour empêcher la chute, Enfin, maloré le vent qui brise tout, Dur la cime il reste debout, Ù

Alors, au fond de la vallée, La tempête aïlée | Pour la première fois s'élance avec fureur,

Et, semant partout la terreur,

Aïnsi que la faulx rase Les épis au temps des moissons,

Elle brise, elle écrase, Les grands arbres et les buissons.

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