LIVRE PREMIER
Cette réflexion, malgré l'invraisemblance, Deux arbres la faisaient, au temps de dès enfance, Dans leur langage original, C'était pendant l’hiver et, la température Nélevant tout à coup comme au mois de juillet, Plus d’un ruisseau reprit avec désinvolture, Son cours dans les champs de millet :
Et l'orage Avec rage Fouetta les rameaux gris De nos arbres surpris,
Le plus petit des deux, s emportant, fit un geste Pour secouer les gouttes d’eau, Et dit à son voisin :
— Pour mo;, j'en ai de reste De cet humide cadeau s Quand je serai sous mon feuillage Le firmament pourra pleuvoir, Je voudrais bien savoir— Ce n’est point de l'enfantillage— Pourquoi cette pluie en hiver.
êt l’autre répondit :
Ds Re Rpeneaes gui tén. Anne das
a tr,
— L'on ne vit que d'hier ; Il faut savoir attendre Si l’on veut tout entendre.
— Attends, c'est ton affaire, et comprends si tu peux ; Pour moi je n'aime pas—- mes paroles sont franches, — Toutes ces gouttes d’eau qui tombent sur mes branches, Et pour m'en délivrer je fais ce que je veux.
En hiver le doux temps n’est que d’une journée. L'orage passa vite et le ciel devint clair ; La course du ruisseau fut encore enchainée
Et nul vol ne brava la froidure de l'air.
Alors l’un des arbustes, — Celui qui n'avait pas, en parlant avec fiel, Secoué l’eau du ciel, Et dit des paroles injustes— L'un des arbustes vit, sur ses rameaux charmants, Des flots de diamants, Des guirlandes étranges, Des perles et des franges ; Mais l’autre s’inelina de honte et de regret, Car sur ses branches dénudées Il n'avait pas voulu, prenant un ton aigret, Supporter les ondées,
hes,