LA ROSE ET LE PAPILLON
Une rose, Nouvellement éclose Au soufïle du matin, Mollement se bercait dans un pré de satin, 1! Parmi cent autres fleurs aux teintes les plus douces, Parmi le vert gazon et les légères mousses,
Un papillon la vit et devint amoureux. | Ces charmants êtres-1à—non pas que je les blâme— |
Dans une petite âme 1
tenferment de grands feux ; Mais ils sont inconstants presqu'autant que les hommes, Et nous sommes Bien plus coupables qu'eux, Je l’avoue à ma honte.
Cessons de commenter. Allons, ma muse, conte, En p21 de mots si tu l2 veux, L'histoire tant redite De la rose et du papillon.
Que chacun la médire Et craigne de l’amour le cuisant aiguillon.
Mon papillon aima. C’est bien dans sa nature, La douce créature !...
Allons ! encore une réflexion !
Vite, à la question.
Il aima follement comme toute jeunesse,
Et la rose, sensible à sa brûlante ardeur, Prit un éclat nouveau, comme fait la pudeur Qui devient larronnesse,
Ce que se dirent ces amants Dans leurs chastes embrassements, Je l’ignore.
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