‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 64 sur 182 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Le papillon partit, plus il revint encore, Et la fleur Lui donnait chaque jour le parfum de son cœur Et la fraîche rosée Que l'aurore avait déposée Dans son calice vermeil ; Et lui, plein d’un amour pareil, De son aile dorée à la fière corolle Faisait une vive aurcole.

)mmes,

Un jour il ne vint pas, Et la rose, alarmée, Ne pouvant voler sur ses pas, Pencha sa tête parfumée Longtemps elle attendit son amoureux divin, Longtemps ce fut en vain.

Elle perdit son doux arôme Et jusques au loin, sur le chaume, Ses pétales de feu s’en allèrent mourir,

À l'heure où les derniers allaient aussi périr,

Elle vit se traîner tout prés, dans l'herbe tendre, Un insecte chétif.

Son aile dévastée essayait de se tendre

Et ne le pouvait plus. Il arriva plaintif

! | 122 FABLES ; J)} Au pied de sa tige penchée Q Et demi-desséchée… | | ( C’était le papillon ses dernières amours! |} { {1 .

î 4 Ac! D'une lampe, le soir, il avait vu la flamme, {| Il avait d’une lampe écouté les discours : ul C'était peut-être infâme, } (pl! . .

\ Mais j'ose l’excuser.

| La lampe le brûla dans son premier baiser.

| La rose mourante l’accueille }} {! Avec bonté, pourtant, fi! Et lui fait un abri de sa dernière ferille,

| Parce qu'il était repentant.

La rose qui reste à sa tige, { C'est l'amour qui remplit sa noble mission ; || La lampe, c’est la pussion

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Qui donne le vertige ;

1 Le papillon, c'est nous, | Al Nous pauvres fous |) qi | OÙ Le au 4" :

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