‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 79 sur 182 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

—Donnez-moi donc de quoi me mettre sous la dent, Demande, sans préface, Le visiteur ahuri.

—Je n'ai qu'un œuf pourri Que m'a laissé naguère un hôte malhonnête, Un lièvre gris.

—C’était un mal-appris,

Fit aussitôt le lièvre en secouant la tête, Et si je le rencontre un jour Il paiera cher ce vilain tour.

— Vraiment, votre bonté l'emporte,

Et je vous dirai franchement Que j'ai des mets d’une autre sorte, Reprit le rat tout bonnement.

—Je crois votre cave garnie, Et je vous jure que j'ai faim, Continua l'hôte canaille et fin.

— Mangez donc sans cérémonie, Quelques uns de ces frais biscuîts.

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—En passant j'en ai goûté d’autres ; Je ne sais s'ils valent les vôtres, Mais ils me parurent bien cuits.

—Où cela, mon ami, dans la maison voisine ?

- -Eh oui! précisément, votre flair le devine. —Je cours en chercher deux, ce sera le dessert.

— Vraiment vous me comblez, mais faites diligence,

Sinon je penserais qu’on vous a découvert ;

Et j'aimerais bien mieux mourir dans l’indigence Que de vous perdre ainsi.

—Mon cher, soyez tranquille,

Je suis assez habile Pour revenir ici :

Je ne crains ni piége, ni dogue.

Après ce petit dialogue Le rat obligeant s’éloigna. Quand il revint le cellier était vide, PR Il s’indigna,.

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