LIVRE PREMIER
— Fier roseau, courbe-toi Devant moi ;
Je suis des airs la souveraine, Je suis ta reine.
—Je ne m'incline point, répliqua le roseau, J'ai pour cela trop de noblesse : |
Si mon refus te blesse \ Va raconter ta peine à ton ami l'oiseau.
La brise méprisa ce discours malhonnête, Et puis continua son vol En forcant ‘'orgueilleux à courber jusqu’au sol Sa noble tête.
—C’est un caprice puéril, Se dit-il, Auquel, à l'avenir, je saurai me soustraire.
Une alouette, alors, comme pour se distraire,
Vint se jucher sur lui Et le fit de nouveau plier jusques à terre.
Il en eut de l'ennui
Mais il voulut se taire, } Tout en se promettant de ne se courber plus.
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Espoirs superflus :
Le flot montant de la rivière Le courba de toute manière ; Le vent glacé du nord Et du midi la chaude haleine Parureñt se ‘nettre d'accord Avec les autres vents qui passent sur la plaine Pour l’humilier aussi Sans merci. | |
Celui qui ne veut reconnaître Son vrai maitre Finit par se mettre aux genoux De tous.
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FABLE VI