LIVRE TROISIÈME
Le moissonneur ne prendrait pas la peine De le recueillir, Et que sur sa tige, Sans aucun prestige, Il faudrait vieillir,
Ÿ Une implacable sécheresse { Viut ajouter à sa détresse ; Il crut bien qu'il allait périr Avant de müûrir, Heureusement qu'une fauvette .
Quand le jour avait lui, Venait chanter sa chansonnette Auprès de lui, { —Toi dont le e eurest bon, entends ma voix plaintive, Doux chantre ailé, Lui dit-il désolé, Va me chercher R-bas quelques gouttes d'eau vive, Je voudrais vivre encor, ) L'oiseau prit son essor { Et, d’une aile rapide, À la source limpide | Vola, compatissant ; | | ‘) {| |
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Pr) ui 172 FABLES
| Il puisa quelques gouttes
Et vint les verser toutes
Sur l’épi languissant.
C'en fut assez. L'épi, sous la molle rosée,
Retrouva sa force épuisée Et sa vivueur ; Il trouva l'existence un peu moins monotone it, lorsque vint l'automne Avec sa rigueur, Il était mûr, et sa tête superbe Se balancait avec orgueil, Alors il entendit, dans une touffe d'herbe, | Un chant de deuil,
Il écouta. C’était la fauvette obligeante.
Qu'as-tu donc à gémir ainsi ?
À —Qu'as-tu donc, lui dit-il d’une voix engageante, Le)
—J'ai faim, répondit-elle, et cherche quelques graines... Je voudrais voler loin d'ici
| Et mes ailes sont vaines !
| —Mes grains sont mûrs ; viens près de moi,
l Je t2 les donne Et m'abandonne
À toi.