‹ Fables choisies de La FontaineChapitre 13 sur 68 · XX.Wij · texte numérisé non relu

XX.Wij

parce moyen ils convaincroient Esope de voLet de sacrilège , et qii’ils le condamneroient à la mort.

Comme il fut sorti de Delphes., et qu’il eut pris le chemin de la Plipcide (r) , les Delphiens accournreût comme gens qui éloieut en peine. Ils l’accusèrent d’avoir dérobé leur vase : Esope le nia avec sermens : on chercha dans son équipage, et il fut trouvé. Tout ce.qu’Esope put dire n’empccha point qu’on ne le traitât comme un criminel infâme. Il fut ramené à Delphes, chargé de fers, mis dans des cachots , puis condamné à être précipite.

Rien ne loi servit de se défendre avec ses armés ordinaires , et de raconter des apologues : les Delphiens s’cn moquèrent.

Ta grenouille, leur dit-ïï , avoit invité le rat à la venir voir. Afin de lui faire traverser l’onde , elle l’attacha à son pied. Dès qu’il fut sur l’eau, elle voulut le tirer au fond , dans le dessein de le noyer , et d’en faire ensuite un repas. Le m?lheurerx rat résista quelque peu de temps. Pendant qu’il se débattoit sur l’eau, tin oiseau de proie l'aperçut, fondit sur lui; et l'ayant enlevé avec la grenouille qui ne put se détacher , il se reput de l’un et Je l’autre. C’est ainsi, Delphiens abominables, qu’un plus puissant que nous me vengera : je périrai , mais vous périrez aussi.

Comme on leconduisoit au. supplice, 'il trouva moyen de s’échapper, et entra dans une petite chapelle dédiée à Apollon. Les Delphiens l’en arrachèrent. Vous violez cet asile, leur dit-il, parce que ce n’est qu’une petite chapelle , mais un jour viendra que votre méchanceté ne trouvera point de retraite sûre , non pas même dans les temples. Il vous arrivera la même chose qu’à l’aigle, laquelle , nonobstant les prières de l’escarbot , enleva un lievre qui s’étoit réfugié chez lui : la génération de l’aigle en fut punie jusque dans le giron de Jupiter. Les Delphiens peu touchés de tous ces exemples , le précipitèrent.

Peu de temps après sa mort , une peste très-violente 1 exerça sur eux ses ravages. Ils demandèrent à l’oracle par quels moyens ils pourvoient apaiser le courroux des

1 il ProTinei! de la Grèce

xxxviij LA VUS D ÉSOPE LE PUKYGIEîï. dieux. L’oracle leur répondit qu’il n’y eu avoit poiut d’autre que d’expier leur forfait , et satisfaire aux màuei d’Esope. Aussitôt une pyramide fut élevée. Les dieux na témoignèrent pas seuls combien ce crime leur déplaisoit: les hommes vengèrent aussi la mort de leur sage. La Grèce envoya des commissaires pour en informer , et tt lit une punition rigoureuse.

N. B. Quoi quen dise le bon La Fontaine , cette ri dlEsope donnée par Planude ne mérite aucune croyance et n'est qu'un tissu de contes et d'anachronismes.

Vn DI K.X vu d’Asopi.

A MONSEIGNEUR

LE DÀÜPSUf l-j

* Je chante les héros dont Esope (a) est le père;

Troupe de qui l’histoire, encor que (3) mensongère. Contient des vérités qui servent de leçons.

Tout parle en mon ouvrage , et même les poissons :

Ce qu’ils disent s’adresse à tous tant que nous sommes ; Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. JLllustre rejeton d’un prince aimé des dieux ,

Sur qui le monde entier a maintenant les jeux ,

(t) FUj de Louis XIV.

(») Esope , célèbre inventeur de 1* Fable ou apologue. V ojte u vi*, au commencement du volume.

(3) Encore que pour quoique. Tour ou peu suranné.

xl A MONSEIGNEUR £E DAl’PGIM.

F.t qui, faisant fléchir les plus superbes lûtes r Comptera désormais ses jours par ses conquêtes, Quelqu’autre te dira, d’une plus forte voix , %

Les faits de tel atfyx jtf.ica vertus des reis ;

Je vais t’enüAenir de moindres aventures, * •*. . *

Te tracer en ces vers de légères peintures;

Et si de t’agréer je n’emporte le prix ,

J’aurai du moins l'honneur de l’avoir entrepris.

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FABLES

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