XX PRÉFACE
passe entre Xantus et Esope : on y trouve (rop de niaiseries. Eh! qui est le sage à qui de pareilles choses n’arrivent point ? Toute la vie de Socrate n’a pas été sérieuse. Ce qui me confirme en mon sentiment , c’est que le caractère que Planude donne à Esope est semblable à celui que Plutarque lui a donné dans son banquet des sept Sages . c’est-àdire d’un homme subtil, et qui ne laisse rien passer. On me dira que le banquet des sept Sages est aussi une invention. Il est aisé de douter de tout : quant à moi , je ne vois pas bien pourquoi Plutarque auroit voulu imposer à la postérité dans ce traitélà, lui qui fait profession d’être véritable partout ailleurs , et de conserver à chacun son caractère. Quand cela seroit, je ne saurois que mentir sur la foi d’autrui me croira-ton moins que si je m’arrête à la mienne ?
Car ce que je puis est de composer un tissu de mes conjectures , lequel j’intitulerai :
Vie d’EsoPE. Quelque vraisemblable que je le rende, on ne s’y assurera pas ; et, Fable pour Fable, le lecteur préférera toujours celle de Planude à la mienne