LIVRE SEPTIEME
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LE CocHEe ET LA MoucxeE.
Dans un chemin montant , fablonneux, mal-aifé, Et de tous les côtés au foleil expofé, Six forts chevaux tiroient un coche.
Femmes, moines, vieillards, tout étoit defcendu. L’attelage fuoit, fouffloit, étoit rendu.
Une Mouche furvient, & des chevaux s'approche, : Prétend les animer par fon bourdonnement, Pique l’un, pique l'autre, & penfe à tout moment Qu'elle fait aller la machine, 4 S'afied fur le timon, fur le nez du cocher. . Aufli-tôt que le char chemine, Et qu'elle voit les gens marcher, Elle s'en attribue uniquement la gloire, Va, vient, fait l’'empreflée: il femble que ce foit. Un fergent de bataille, allant en chaque endroit Faire avancer fes gens, & hâter la victoire.
La Mouche, en ce commun befoin, Se plaint qu’elle agit feule, & qu'elle a tout Le foin; Qu'aucun n'aide aux chevaux à fe tirer d'affaire. Le moine difoit fon bréviaire :
Il prenoit bien fon temps! Une femme chantoit : C'étoit bien de chanfons qu'alors il s’agifloit! Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles, Et fait cent fottifes pareilles.
Après bien du travail, le coche arrive au haut. Refpirons maintenant, dit la Mouche aufli-tôt : J'ai tant fait que nos gens font enfin dans la plaine.
Ga, meflieurs les chevaux, payez-moi de ma peine. Tome IIL FE
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