‹ Fables choisies, mises en vers T. 3Chapitre 22 sur 98 · ET L'HOMME QUI L'ATTEND DANS SON LIT · texte numérisé non relu

ET L'HOMME QUI L'ATTEND DANS SON LIT

Qui ne court après la Fortune?

Je voudrois être en lieu d’où je pufle aifément

Contempler la foule importune

De ceux qui cherchent vainement Cette fille du fort de royaume en royaume, Fidéles courtifans d’un volage fantôme.

Quand ils font près du bon moment, L’inconftante auffi-tôt, à leurs défirs échappe: Pauvres gens! je les plains; car on a pour les fous

Plus de pitié que de courroux,

Cet homme, difent-ils, étoit planteur de choux ; Et le voilà devenu pape: | Ne le valons-nous pas? vous valez cent fois mieux :

Mais que vous fert votre mérite ?

| Là Fortune a-telle des yeux ?

Et puis, la papauté vaut-elle* ce qu'on quitte, Le repos, le repos tréfor fi précieux,

Qu'on en faifoit jadis le partage des dieux ? Rarement la Fortune à fes hôtes le laiffe.

Ne cherchez point cette déefe, Elle vous cherchera: fon fexe en ufe ainfi.

Certain couple d’amis, en un bourg établi, Poflédoit quelque bien, L'un {oupiroit fans ceffe Pour la Fortune : il dit à l'autre un jour, Si nous quittions notre féjour ?

Vous fçavez que nul n’eft prophéte En fon pays: cherchons notre aventure ailleurs. Cherchez, dit l'autre ami: Pour moi je ne fouhaite

RE nn.

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