LIVRE SEPTIEÈEME. “ST
FABEE XIIE
LES DEUXx Cocos.
Deux Cogqs vivoient en paix, une Poule furvint, Et voilà la guerre allumée.
Amour, tu perdis Troye; & c’eft de toi que vint Cette querelle envenimée, Où du fang des dieux même on vit le Xanthe teint. Long-temps, entre nos Cogqs, le combat fe maintint, Le bruit s’en répandit par tout le voifinage. La gent qui porte crête au fpectacle accourut. Plus d’une Hélene au beau plumage Fut {e prix du vainqueur: le vaincu difparut: Il alla fe cacher au fond de fa retraite, Pleura fa gloire & fes amours ; Ses amours, qu’un rival tout fier de fa défaite Poffédoit à fes yeux. Il voyoit tous les jours Cet objet rallumer fa haine & fon courage.
Il aiguifoit fon bec, battoit l'air & fes flancs; Et s’exerçant contre les vents, S'armoit d’une jaloufe rage.
Il n’en eut pas befoin. Son vainqueur fur les toits S’alla percher & chanter fa vittoire. Un Vautour entendit {a voix:
Adieu les amours & la gloire.
Tout cet orgueil périt fous l’ongle du Vautour. Enfin, par un fatal retour, Son rival autour de la Poule S'en revint faire le coquet:
Je laiffe à penfer quel caquet, Car il eut des femmes en foule,
La fortune fe plaît à faire de ces coups:
Tout vainqueur infolent à fa perte travaille. Défons-nous du fort, & prenons garde à nous, Après le gain d’une bataille.