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FABEE XI).
LES OBSEQUES DE LA LIoONNE,.
La femme du Lion mourut:
= Aufli-tôt chacun accourut
Pour s'acquitter envers le Prince
De certains complimens de confolation,
| Qui font furcroît d’aflliction.
Il fit avertir fa province Que les obfeques fe feroient :
Un tel jour, en tel lieu: fes prévôts y feroient Pour régler la cérémonie, Et pour placer la compagnie. Jugez fi chacun s'y trouva.
Le Prince aux cris s’abandonna, Et tout fon antre en réfonna.
Les Lions n’ont point. d’autre temple.
On entendit, à fon exemple,
Rupir en leur patois meflieurs les courtifans.
Je définis la cour un pays où les gens
Triftes, gais, prêts à tout, à tout indiftérens ,
Sont ce qu'il plaît au prince; ou s'ils ne peuvent l'être, Tâchent au moins de le paroître:
Peuple caméleon, peuple finge du maître,
On diroit qu'un efprit anime mille corps:
C’eft bien là que les gens font de fimples refforts.
Pour revenir à fotre affaire, ; Le Cerf ne pleura point; comment l'eût-il pu faire? Cette mort le vengeoit: la Reine avoit jadis Etranglé fa femme & fon HS. — Bref, il ne pleura point. Un flatteur l’alla dire, Tome III.
74 FABLES GCHOISIES.
Et foutint qu’il l'avoit vü rire.
La colere du roi, comme dit Salomon, Eft terrible, & fur-tout celle du roi Lion:
Mais ce Cerf n’avoit point accoutumé de lire. Le monarque lui dit: chétif hôte des bois, Tu ris, tu ne fuis pas ces gémiffantes voix.
Nous n'appliquerons point fur tes membres prophanes s
| Nos facrés ongles: venez, Loups,
Vengez la reine ; immolez tous
Ce traître à {es auguftes mânes.
Le Cerf reprit alors: fire, le temps des pleurs Eft pañfé : la douleur eft ici fuperflue.
Votre digne moitié, couchée entre les fleurs, .
Tout près d'ici m'eft apparue,
Et je l'ai d'abord reconnue,
Ami, ma-t-elle dit, garde que ce convoi, | Quand je vais chez les dieux, ne t'oblige à des farmes. Aux champs élyfiens j'ai goûté mille charmes, Converfant avec ceux qui font faints comme moi. Laïfle agir quelque temps le défefpoir du roi: Jy prends Dr À peine on eut oùi la chofe, Qu'on fe mit à crier, miracle, apothéofe!
Le Cerf eut un préfent, bien loin d’être puni.
Amufez les Rois par des fonges, Flattez-les, payez-les d’agréables menfonges, Quelque indignation dont leur cœur foit rempli, Ils goberont l’appât, vous ferez leur ami,
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