‹ Fables choisies, mises en vers T. 3Chapitre 62 sur 98 · L'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

L'ÉDUCATION

Laridon & Céfar, freres dont l’origine | . Venoit de chiens fameux, beaux, bien faits & hardis, À deux maîtres divers échus au temps jadis, Hantoient, l'un les forêts, & l’autre la cuifine. Ils avoient eu d’abord chacun un autre nom:

Mais la diverfe nourriture Fortifiant en l’un cette heureufe nature, En l’autre l’altérant, un certain marmiton

= Nomma celui-ci Laridon.

Son frere ayant couru mainte haute aventute, Mis maint cerf aux aboiïs, maint fanglier abattu, Fut le premier Céfar que la gent chienne ait eu. On eut foin d'empêcher qu'une indigne maîtrefle Ne fit en fes enfans dégénérer fon fang.

Laridon négligé, témoignoit fa tendrefle

À l'objet le premier paffant..

Il peupla tout de fon engeance:

Tourne-broches par lui rendus communs en France, Y font un corps à part, gens fuyans les hazards,

Peuple antipode des Céfars.

On ne fuit pas toujours fes ayeux ni fon pere:

Le peu de foin, le temps, tout fait qu'on dégénére. Faute de cultiver la nature & fes dons,

O combien de Céfars deviendront Laridons!

(Fable czxvi)

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mn LL,

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