LES DEUX CHLENS:ET:LANE MORT
Les vertus devroient être fœurs , | Ainfi que les vices font freres:
Dès que l'un de ceux-ci s'empare de nos cœurs, Tous viennent à la file, il ne sen manque gueres; J'entends de ceux qui n'étant pas contraires, Peuvent loger fous même toit.
A l’égard des vertus, rarement on les voit Toutes en un fujet éminemment placées Se tenir par la main fans être difperlées.
L'un eft vaillant, mais prompt: l'autre eft prudent, mais froid.
Parmi les animaux, le Chien fe pique d'être Soigneux & fidele à fon maître:
Mais il eft {ot, il eft gourmand:
Témoin ces deux MÂtins qui, dans l'éloignement, Virent un Ane mort qui flottoit fur les ondes. Le vent de plus en plus l’éloignoit de nos Chiens. Ami, dit l’un, tes yeux font meilleurs que-les miens, Porte un peu tes regards fur ces plaines profondes. J'y crois voir quelque chofe : eft-ce un bœuf, un cheval ? Hé qu'importe quel animal ?
Dit lun de fes Mâtins: voilà toujours curée.
Le point eft de lavoir : car le trajet eft grand; Et de plus il nous faut nager contre le vent. . Buvons toute cette eau: notre gorge altérée En viendra bien à bout: ce corps demeurera Bien-tôt à fec, & ce fera | Provifion pour la femaine.
Voilà mes Chiens à boire, ils perdirent l'haleine, Et puis la vie: ils firent tant