‹ Fables choisies, mises en vers T. 3Chapitre 65 sur 98 · FA DEEE X XV HE DÉMOCRITE ET LES ABDÉRITAINS · texte numérisé non relu

FA DEEE X XV HE DÉMOCRITE ET LES ABDÉRITAINS

Que j'ai toujours haï les penfers du vulgaire! Qu'il me femble profane, injufte & téméraire, Mettant de faux milieux entre la chofe & lui, Et mefurant par foi ce qu'il voit en autrui!

Le Maître d'Epicure en fit l’apprentiflage.

Son pays le crut fou: petits efprits! mais quoi? Aucun n'eft prophête chez foi.

Ces gens étoient les fous: Démocrite le fage. RÉ alla fi loin, qu'Abdere députa Vers Hippocrate, & l'invita Par lettres & par ambaflade, À venir rétablir la raifon du malade.

Notre concitoyén, difoient-ils en pleurant, Perd l’efprit : la lecture a gâté Démocrite.

Nous l’eftimerions plus s'il étoit ignorant.

Aucun nombre, dit-il, les mondes ne limite:

Peut-être même ils font remplis De Démocrites infinis.

Non content de ce fonge, il y joint les atomes, Enfans d’un cerveau creux, invifibles fantômes ; Et mefurant les cieux fans bouger d'ici-bas, Il: connoît l'univers, & ne fe connoït pas.

Un temps fut quil fcavoit accorder les débats: Maintenant il parle à lui-même.

Venez, divin mortel, fa folie eft extrême.

Hippocrate n’eut pas trop de foi pour ces gens: Cependant il partit: & voyez, je vous prie, Quelles rencontres dans la vie Le fort caufe; Hippocrate arriva dans le temps Que celui qu'on difoit n'avoir raifon ni {ens,

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