LIVRE SEPTIEME
Pour moi, fatisfaifant mes appétits gloutons, J'ai dévoré force moutons.
Que m'avoient-ils fait? nulle offenfe:
Même il m'eft arrivé quelquefois de manger Le berger.
Je me dévoürai donc, s’il le faut; mais je penfe Qu'il eft bon que chacun s'accufe ainfi que moi: Car on doit fouhaiter, felon toute jufice, Que le plus coupable périffe. Sire, dit le Renard, vous êtes trop bonroi; Vos ferupules font voir trop de délicateffe; Eh bien, manger moutons, canaille, fotte efpéce, a. Eft-ce un péché? non, non: vous leur fîtes, feigneur, | En les croquant beaucoup d'honneur.
Æt quant au berger, l’on peut dire Qu'il étoit digne de tous maux, Etant de ces gens-là qui, fur les animaux, * Se font un chimérique empire, Ain dit le renard, & flatteurs d’applaudir. . On n'ofa trop. approfondir Hs Du tigre, ni de l’ours, ni des autres puiflances : Les moins pardonnables ofenfes.
Tous les gens querelleurs, jufqu'aux fimples mâtins, Au dire de chacun, étoient de pets faints.
L'âne vint à fon tour, & dit: j'ai fouvenance = Qu'en un pré de moines pañlant, | La faim, l’occafon, l'herbe tendre, & je penfe, Quelque diable auffi me pouffant, Je tondis de ce pré la largeur de ma langue:
Je n’en avois nul droit, puifqu’il faut parler net, À ces mots on cria haro fur le baudet.
Un Loup, quelque peu clerc, prouva Per fa harangue, : Qu'il falloit dévouer ce maudit animal, Ce pelé, ce galeux, d’où venoit tout le En
Sa peccadille fut jugée un cas pe Le ITT, oh.