RIEN DE TROP
Je ne vois point de créature Se comporter modérément.
Il eft certain tempéramment Que le Maître de {a nature Veut que l’on garde en tout. Le fait-on ? nullement, Soit en bien, foit en mal, cela n'arrive guére. Le bled, riche préfent de la blonde Cérès, Trop touffu bien fouvent épuife les guérets:
En fuperfluités s’épandant d'ordinaire, | Et pouffant trop abondamment, Il ôte à fon fruit l'aliment.
L'arbre n'en fait pas moins, tant le luxe fçait plaire. Pour corriger Le bled Dieu permit aux moutons De retrancher l'excès des prodigues moiflons. Tout au travers ils fe jetterent, Gâterent tout, & tout brouterent:; Tant que le ciel permit aux loups D'en croquer quelques-uns : ils les croquerent tous: S'ils ne le firent pas, du moins ils y tâcherent. Puis le ciel permit aux humains De punir ces derniers: les humains abuferent A leur tour des ordres divins.
De tous Îles animaux, l’homme a le plus de pente
À fe porter dedans l'excès.
Il faudroit faire le procès
Au petits comme aux grands. Il n’eft ame vivante Qui ne peche en ceci. Rien de trop, eft un point Dont on parle fans cefle, & qu’on n’obferve point.
(Fable Dr220)
LU
Les
HHAE sh 14
ne
TR
en
ET