‹ Fables choisies, mises en vers T. 3Chapitre 97 sur 98 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

FABLE XIix LE BERGER ET SON 2 ROUPAEUE

Quoi toujours il me manquera Quelqu'un de ce peuple imbécille!

Toujours le loup m'en gobera!

J'aurai beau les compter: ils étoient plus de mille, Et m'ont laiflé ravir notre pauvre robin; Robin mouton, qui par la ville Me fuivoit pour un peu de pain, Et qui m'auroit fuivi jufques au bout du monde. Hélas! de ma mufette il entendoit le fon:

Il me fentoit venir de cent pas à la ronde.

Ah le pauvre robin mouton !

Quand Guillot eut fini cette oraifon funebre , Et rendu de robin la mémoire célébre, Il harangua tout le troupeau , Les chefs, la multitude, & juiqu au moindre agneau, Les conjurant de tenir ferme:

Cela feul fufhroit pour écarter les loups.

Foi de peuple d'honneur ils lui promirent : tous, De ne bouger non plus qu'un terme.

Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton, Qui nous a pris robin mouton.

Chacun en répond fur fa tête.

Guillot les crut, & leur fit fête.

Cependant devant qu'il fût nuit, Il arriva nouvel encombre.

Un loup parut, tout le troupeau s'enfuit.

Ce n'étoit pas un loup, ce n'en étoit que l'ombre.

. Haranguez de net foldats , Tome III Oo

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