FAB EE XVIII
LE MILAN ET LE RossreNoL.
Après que le Milan, manifefte voleur,
Eut répandu l’allarme en tout le voifinage,
Et fait crier fur lui les enfans du village,
Un Roflignol tomba dans fes mains, par malheur.
Le héraut du printemps lui demande la vie :
Auffi-bien que manger en qui n'a que le fon?
Écoutez plutôt ma chanfon:
Je vous raconterai Terée & fon envie.
Qui, Terée? eft-ce un mets propre pour les Milans?
Non pas, c'étoit un roi, dont les feux violens
Me firent reflentir leur ardeur criminelle: |
Je m'en vais vous en dire une. chanfon f belle.
Qu'elle vous ravira: mon chant plaït à chacun.
Le Milan alors lui replique :
Vraiment nous voici bien, lorfque je fuis à jeun, Tu me viens parler de mufque ?
J'en parle bien aux rois. Quand. un roi te prendra, Tu peux lui conter ces merveilles :
Pour un Milan, il s’en rira:
Ventre affamé n’a point d'oreilles.
( Fable czxxx Vi)
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