‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 105 sur 120 · Tome 17. S s · texte numérisé non relu

Tome 17. S s

Je ne vous dirai point, mes fœurs, tout ce qu'il fit; Ni fes foins pour plaire à la Belle.

Leur hymen fe conclut : un Satrape voifin, Le propre jour de cette fête, Enleve à Zoon fa conquête.

On ne foupçonnoit point qu'il eût un tel deffein. Zoon accourt au bruit, recouvre ce cher gage, Pourfuit le raviffleur, & le joint, & l’engage En un combat de main à main.

Tole en eft le prix, auffi-bien que le juge.

Le Satrape vaincu trouve encor du refuge En la bonté de fon rival.

Hélas ! cette bonté lui devint inutile:

Il mourut du regret de cet hymen fatal.

Aux plus infortunés la tombe fert d’afyle.

Il prit pour héritiere, en finifflant fes jours, lole, qui mouilla de pleurs fon maufolée. £ Que fert-il d’être plaint quand l’ame eft envolée? Ce Satrape eût mieux fait d'oublier fes amours. La jeune Iris à peine achevoit cette hiftoire; Et fes fœurs avouoient qu’un chemin à la gloire C'eft l'amour : on fait tout pour fe voir eftimé: Eft-il quelque chemin plus court pour être aimé? Quel charme de s’oüir louer par une bouche Qui même, fans s'ouvrir, nous enchante & nous touche! Ainfi difoient ces fœurs. Un orage foudain Jette un fecret remords dans leur profane fein. Bacchus entre, & fa cour, confus & long cortége: Où font, dit-il, ces fœurs à la main facrilége? Que Pallas les défende, & vienne en leur faveur Oppofer fon Égide à ma jufte fureur:

Rien ne m'empêchera de punir leur offenfe:

Voyez ; & qu'on fe rie après de ma puiffance. IL n'eut pas dit, qu'on vit trois monftres au plancher,

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