LES COQS
ÉADELE VII]
LA PERDRIX ET LES Corgs.
Parmi de certains Cogs incivils, peu galans, Toujours en noife & turbulens, Une Perdrix étoit nourrie.
Son fexe & l'hofpitalité, De la part de ces Cogs, peuple à l'amour porté, Lui faifoient efpérer beaucoup d'honnêéteté:
Ils feroient les honneurs de la ménagerie.
Ce peuple cependant fort fouvent en furie, Pour la dame étrangere ayant peu de refpeét, Lui donnoit fort fouvent d'horribles coups de bec. | D'abord elle en fut affligée :
Mais fi-tôt qu'elle eut vû cette troupe enragée S'entrebattre elle-même, & fe percer les flancs, Elle fe confola. Ce font leurs mœurs, dit-elle : Ne les accufons point: plaignons pluftôt ces gens. Jupiter fur un feul modelle N'a pas formé tous les efprits.
IL eft des naturels de Cogs & de Perdrix.
S'il dépendoit de moi, je paflerois ma vie En plus honnête compagnie. .
Le maître de ces lieux en ordonne autrément.
Il nous prend avec des tonnelles, Nous loge avec des Coqs, & nous coupe les aîles: C’eft de l'homme qu'il faut fe plaindre feulement.
( Fable cxcr1I.)
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