‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 19 sur 120 · LE CHIEN À QUI ON A COUPÉ LES OREILLES · texte numérisé non relu

LE CHIEN À QUI ON A COUPÉ LES OREILLES

Qu'ai-je fait pour me voir ain Mutilé par mon propre maître ?

Le bel état où me voici!

Devant les autres Chiens oferai-je paroître ? O rois des animaux, ou pluftôt leurs tyrans!

Qui vous feroit chofes pareilles ?

Aiïnfi crioit Moufflar jeune dogue; & les gens Peu touchés de fes cris douloureux & perçans, Venoient de lui couper fans pitié les oreilles, Moufflar y croyoit perdre. Il vit avec le temps Qu'il y gagnoit beaucoup: car étant de nature À sil fes pareils, mainte méfaventure L'auroit fait retourner chez lui Avec cette partie en cent lieux altérée:

Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée,

Le moins qu'on peut laiffer de prife aux dents d'autrui |. C’eft le mieux. Quand on n’a qu'un endroit à défendre, : On le munit de peur d'efclandre:

Témoin maître Moufflar armé d’un gorgerin, Du refte ayant d'oreille autant que fur ma main: Un loup n’eût fû par où le prendre,

( Fable cxcvil.)

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& Taj:

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