‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 24 sur 120 · RER · texte numérisé non relu

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| . LIVRE DIXIEME. j 39 FABLE. XII

LES DEUX PERROQUETS, LE Roï ET soN FIL.

Deux Perroquets, l’un pere & l’autre fils, Du rôt d'un roi faifoient leur ordinaire, Deux demi-Dieux, l’un fils & l’autre pere, De ces oifeaux faifoient leurs favoris.

L'âge lioit une amitié fincere Entre ces gens. Les deux peres s’aimoient :

Les deux enfans, malgré leur cœur frivole, L'un avec l’autre aufli s’accoûtumoient, Nourris enfemble & compagnons d'école, C'étoit beaucoup d'honneur au jeune Perroquet, Car l'Enfant étoit prince, & fon Pere monarque. Par le tempérament que lui donna la parque, Il aimoit les oifeaux. Un moineau fort coquet, Et le plus amoureux de toute la province, Failoit auffi fà part des délices du prince.

Ces deux rivaux un jour enfemble fe jouans, Comme :il arrive aux jeunes gens, Le jeu devint une querelle.

Le paffereau, peu circonfpect, S'attira de tels coups de bec, Que demi-mort & traînant l'aile, On crut qu'il n’en pourroit guérir.

Le prince indigné fit mourir Son Perroquet. Le bruit en vint au pere, L'infortuné vieillard crie & fe défefpere ; Le tout en vain: fes cris font fuperflus :

L'oifeau parleur eft déja dans la barque :

Pour dire mieux, l’oifeau ne parlant plus, Fait qu'en fureur fur le fils du monarque,

Son pere s’en va fondre & lui créve : les yeux. Tome IT. I

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