‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 7 sur 120 · PÉENVER ES DT X TEM E · texte numérisé non relu

PÉENVER ES DT X TEM E

Jamais la guerre avec tant d'art Ne seft faite parmi les hommes, Non pas même au fiécle où nous fommes.

Corps de garde avancé, vedettes, efpions, Embufcades, partis, & mille inventions D'une pernicieufe & maudite fcience, Fille du ftyx & mere des héros, Exercent de ces animaux Le bon fens & l'expérience.

Pour chanter leurs combats, l’Acheron nous devroit Rendre Homere. Ah, s’il le rendoit, Et qu'il rendît auffi le rival d'Épicure!

Que diroit ce dernier fur ces exemples-ci ? Ce que j'ai déja dit, qu'aux bêtes la nature Peut par les feuls reflorts opérer tout ceci ! Que la mémoire eft corporelle ; Et que, pour en venir aux exemples divers Que j'ai mis au jour dans ces vers, L'animal n’a befoin que d'elle.

L'objet, lorfqu’il revient, va dans fon magafn Chercher par le même chemin | L'image auparavant tracée, Qui fur les mêmes pas revient pareïllement, Sans le fecours de la penfée, Caufer un même événement.

Nous agiflons tout autrement.

La volonté nous détermine, | Non l’objet, ni l'inftin@t. Je parle, je chemine : Je fens en moi certain agent:

Tout obéit dans ma machine À ce principe intelligent.

IL eft diflin@ du corps, fe conçoit nettement, Se conçoit mieux que le corps même; De tous nos mouvemens c’eft l'arbitre fuprême.

Mais comment le corps l’entend-il ?

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