‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 88 sur 120 · A MADAME DE LA ÎMESANGERE · texte numérisé non relu

A MADAME DE LA ÎMESANGERE

Âimable fille d’une mere À qui feule aujourdhui mille cœurs font la cour, Sans ceux que l'amitié rend foigneux de vous plaire ; Et Re encor — vous garde l'amour,

Je ne Puis qu'en cette préface

Je ne partage entre elle & vous Un peu de cet encens qu'on recueille au parnalle , Et que jai le fecret de rendre exquis & doux.

Je vous dirai donc... Mais tout dire,

Ce feroit trop, il faut choifir,

Ménageant ma voix & ma lyre, Qui bientôt vont manquer de force & de loir.

Je loûrai feulement un cœut plein de tendreffe, Ces nobles fentimens, ces graces, cet efprit: Vous n’auriez en cela ni maître, ni maïîtrefle, Sans celle dont fur vous l’éloge rejaillit.

Gardez d’environner ces rofes

De trop d’épines. Si jamais

L'Amour vous dit les mêmes chofes,

Il les dit mieux que je ne fais:

Auffi fçait-il punir ceux qui ferment l'oreille

À fes confeils : vous l'allez voir.

Jadis une jeune merveille Mépriloit de ce Dieu le fouverain pouvoir :

On l'appelloit Alcimadure,

Page 1