‹ Fables: composées pour l'éducation du Duc de BourgogneChapitre 2 sur 30 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

droit et d'une intelligence élevée, c*est Fénelon fabuliste.

Le précepteur du petit-fils de Louis XIV n'est pas encore devenu évêque de Cambrai. L'exil na point encore fait un saint digne de vénération de ce rival de Bossuet en train de devenir l'émule de La Fontaine. C'est l'heure faste de la protection de M"^^ de Maintenon ^ et non celle de la persécution exercée par l'ambitieuse et obséquieuse favorite dun roi vieilli, qui, tenant rancune à un grand homme capable d'oser élever des barrières devant le pouvoir absolu, traitait de « chimérique » la haute personnalité de Fénelon. Les ducs de Beauvilliers et de Chevreuse, ceux-là noblement fidèles par delà la disgrâce, entourent d'une affection admirative le futur champion du quiétisme, le trop généreux et imprudent défenseur de M"^^ Guyon.

Selon l'heureuse expression de Sainte-Beuve, quand Fénelon écrit ses fables il nen est point à m ce naufrage d'espérances qui est aujourd'hui une touchante partie de sa gloire ». Il en est, au contraire, ah, moment, riche en promesses garanties par de superbes réalités, de cette faveur qui amènera Saint- Simon, malgré son estime pour son célèbre contemporain, à suspecter d'une arrière-pensée d'ambition politique le zélé éducateur dont toute la conduite, du reste, donne un démenti au soupçon du plus clairvoyant des mémorialistes, qui fut en même temps le plus malveillant des observateurs.

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