VIII PRÉFACE
jamais la pensée d'être autre chose qu*un fidèle cori" seiller du fils de ses rois, qu'un obéissant serviteur de l'Église, dont il fut un des plus vertueux et des plus glorieux représentants.
En transparaissant à travers d^ ingénieuses inventions, la figure du précepteur du duc de Bourgogne se dessine si nettement qu*en dehors de V intérêt qu'elles présentent au point de vue littéraire, les Fables auraient le mérite d'entraîner à se faire, par soi-même, l'idée de ce que fut, en même temps que Fénelon, son royal élève,
M, de Beausset a, depuis longtemps, du reste, aidé la critique à saisir ces nuances lorsqu'il a dit, dans son histoire de Vévêque de Cambrai : « Si l'on veut connaître la méthode de Fénelon et suivre l'éducation de son élève, on n'a qu'à lire les fables qu'il écrivit pour le jeune prince. Chacune de ces fables fut composée dans le moment même où l'instituteur le jugeait utile ou nécessaire pour rappeler à l'élève la faute qu'il venait de commettre, et lui inculquer d'une manière plus sensible et plus précise la leçon qui devait l'instruire.,. »
Il y a donc à faire une large part à l'analyse psychologique dans ces pages si simples et d'une si grande portée. Le penseur y trouve une mine inépuisable de réflexions, et Vhistorien peut y recueillir d'intéressantés révélations : car, dans les choses de cet ordre, l'exploration n'est jamais close. Tandis que le cri-
liqut y rtssaisit au passag( la itcrets d'une facture dont l'éloquence négligét a tant dt charmes, It caur d'un chacun s'y retrempe à la source chaude et pure des sentiments ifun grand homme de bien, aussi aimant qu'il est illustre, aussi tendre pour son entourage immédiat que charitable pour tous, et dont l'âme tout entiire se révile par des paroles qui prirent le caractère d'une prophétie alors que, la Dauphine, le Dauphin et d'autres dt ses amis venant de mourir, Fénelon, inconsolable, s'écriait, trois mois avant dt disparaître lui-mtmt, en cette année lyiS célibre par la fin d'un grand règne : « Je ne vis plus que par l'amilii, et c'est l'amitié qui me tuera ! »
HiPPOLÏTE FOURNIEB.