L'ABEILLE ET LA MOUCHE
N jour une abeille appeiçut une
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^ mouche auprès de sa ruche. « Que 'viens-tu faire ici? lui dit-elle d'un ton iÉ^^'ï=3t^2Ï3 furieux. Vraiment c'est bien à toi, vil animal, à te mêler avec les reines de l'air. — Tu as raison, répondit froidement la mouche : on a toujours tort de s'approcher d'une nation aussi fougueuse que la vôtre. — Rien n'est plus sage que nous, dit l'abeille : nous seules avons des loix et une République bien policée; nous ne cueillons que des fleurs odoriférantes; nous ne faisons que du miel délicieux, qui égale le nectar. Ote-toi de ma présence, vilaine mouche importune, qui ne fais que bourdonner et chercher ta vie sur les ordures. — Nous vivons comme nous pouvons, répondit la mouche : la pauvreté n'est pas un vice; mais la colère en est un grand : vous faites du miel qui est doux, mais votre cœur est toujours amer; vous êtes sages dans vos loix, mais emportées dans votre conduite. Votre colère, qui pique
VOS ennemis, vous donne la mort, et votre folle cruauté vous fait plus de mal qu'à personne. Il raut mieux avoir des qualitez moins éclatantes, avec plus de modération. »