‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 31 sur 104 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Courez rendre à son cœur l'espérance perdue; Prêtez à ses conseils la foi qui leur est due.

Votre âge à deux pouvoirs va bientôt vous livrer La raison, d'un côté, de l'aulre, la folie. Cet écueil recouvert d'une glace polie C'est l'image du monde où vous allez entrer. »

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FABLE QUATORZIEME

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Un fauteuil était vieux, et parlant pou solide; Celui qui s'en servait, lui-même peu valide,

Pour en user ainsi que ses aïeux , Tout en le rembourrant ou de crin ou de laine,

Et le restaurant de son mieux , Perdait, au bout du compte, et son temps et sa peine ; Car les pieds, qui duraient depuis tantôt mille ans. Devaient toujours rester les mêmes.

On y voyait comme emblèmes saillants Figures de blason, sceptres et diadèmes A remonter aux plus anciens parents.

Donc, pour le bien de la famille, Il les fallait garder tels qu'ils étaient transmis, Et Ton n'aurait osé toucher une cheville

Sans consulter le fidéicommis; Car il était écrit sur ce fauteuil antique :

« Le seigneur à qui j'appartiens » En me perdant perdra ses autres biens. »

Le plus que l'on pouvait pour ce meuble gothique

On reculait l'heure critique; Mais qui peut s'assurer de ne redouter pas Le temps, qui, par sa longue injure,

Mine d'une main lente et sure

Toutes les choses d'ici-bas,

Et les meilleures et les pires,

Et les fauteuils et les empires , Sans s'arrêter jamais, sans jamais être las?

Le temps, qui détruit tout sur la terre où nous sommes, Du siège, enfin, lit tomber les supports, Et de ce coup fatal, œuvre de ses etforls. On accusa la main des hommes.

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