‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 38 sur 104 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

FABLE PREMIERE

LE f.nRB K A ! F. T I. F. R E N A R [).

Pour se débarrasser des chais du voisinage ,

Un amateur de jardinage , Las de voir ses œillets foulés par les matous , Ses melons et ses pois mis sens dessus dessous

Et tous ses plants traités de même,

Imagina le cruel stratagème

Ili FABLES.

De parsemer autour de sa maison Force morceaux de viande imprégnés de poison.

Un Corbeau qui par là traversait d'aventure Vile de se ruer au milieu des morceaux , De les convoiter tous, de choisir le plus gros, Et de tirer au large emportant sa pâture. Comme il allait s'abattre lourdement, \on loin de là, sur la cime d'un chêne, Un Renard l'aperçoit. Le madré, lestement, En renard érudit qui sait son la Fontaine , Prépare en son esprit son petit compliment , Se hâte , arrive à point pour se bien faire entendre :

<■<■ 0 vous, dit-il , qui venez de descendre Si magnifiquement des plaines de L'éther,

N'êtes -vous pas l'oiseau de Jupiter?

Oui , vous l'êtes , seigneur, qui pourrait se méprendre A ce port noble et fier, à ce vol assuré Qui fournit librement la plus haute carrière , Et fait deviner l'aigle à la seule manière Dont il s'est balancé dans l'espace azuré! Eh quoi ! les dieux , enfin, touchés de ma prière , Vous auraient-ils, seigneur, vers moi-même envoyé?

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