‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 39 sur 104 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

M'apportez-vous un don par l'Olympe octroyé? D'un messager des cieux descendant vers la terre, D'un aigle, se peut-il? moi, chétif ici-bas,

Moi, recevoir de sa puissante serre Ce mets délicieux que je n'espérais pas

Et que le maître du tonnerre A retranché pour moi de son divin repas! »

Le glorieux, dans sa trompeuse joie D'être pris pour un aigle , abandonne sa proie. « Le Renard s'en saisit, » pendant cpie le Corbeau,

Tout à son aise, fait le beau.

Mais le miel des flatteurs, la louange traîtresse Qu'on croit mener à bien, souvent conduit à mal; Le dîner du compère est un parfait régal; Mais la douleur bientôt succède à l'allégresse; Mais sa ruse déjà va contre son dessein : Et le poison vengeur, qui circule en son sein ,

Se charge d'attacher un doute Sur l'ancienne leçon qui dit que : «Tout flatteur

» Vit aux dépens de celui qui l'écoute. »

Si ce sujet plaît au lecteur, Je ne l'ai point trouvé; Lessing en est l'auteur.

FABLE DEUXIEME

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