‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 48 sur 104 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

Cette noire action qu'il venait de commettre Le bourrelait, et, malgré lui, Sa main vile, sa main de traître.

Involontairement se cherchait un appui, t'n malaise inconnu circulait dans son être ; Il suait de fatigue... et de remords peut-être. Pour s'essuyer le front il cherche son mouchoir.

II ne l'a plus. Il l'aura laissé choir Sur sa route, et voilà qu'il retourne en arrière; Et, comme il revenait auprès de la rivière. Ramenant ses regards sur l'onde qui coulait, Il aperçoit son chien qui marchait avec peine.

Traînant son caillou sur l'arène, Ainsi qu'un criminel qui traîne le boulel , De son museau labourant la poussière, Les yeux meurtris, le corps tout éreinté , Couvert de boue, ensanglanté, S'affaissant de douleur au creux de chaque ornière. Trébuchant contre chaque pierre Sur ses membres estropiés ; Et, vertu qu'un chien seul pouvait faire paraître! Tenant entre ses dents le mouchoir de son maître T Heureux et fier encor s'il peut le lui remettre Avant d'expirer à ses pieds.

Noble ou plutôl sublime caractère!

Homme, viens nous vanter Ion cœur el ta raison! Après une (elle leçon , Tu n'as qu'à rougir el te laiic.

Il n'j l'an! point de commentaire.

FABLE SEPTIÈME

Page 1