‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 58 sur 104 · LIVRE DEUXIEME. I · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME. I

Si longtemps à la même place?

— Ce que je fais ? J'enlace un peu de crin Avec un peu de mousse, avec quelques brins d'herbe,

Et je bâtis un nid superbe.

Xid d'un oiseau qu'on appelle serin, Inconnu dans ces lieux cl qui vient d'Amérique Exprès pour vous entendre ; il arrive ce soir.

Vous serez charmé de le voir.

De l'écouter aussi, car cel oiseau se pique

De chanter à l'égal de vous.

On dit même que sa musique \ quelque chose encor (n'en soyez pas jaloux i

De plus suave, de plus doux.

lui l'attendant, je lui prépare Hou lojjis, bon accueil , et le nid le mieux fait.

Rien de trop charmant, en effet,

Pour la merveille la plus rare. •

L'Oiseleur s* éloigne à ce mot.

Le Rossignol, tout aussitôt, De voltiger de branche en branche Et d'accourir pour voir de près (le beau nid qu'on a lait exprès Pour ce beau rival doutre-Manclie.

Il vole, hésite, approche, et ne voit mil danger

A visiter le nid de l'étranger ; Alème, il s'essaie à se ranger Sous l'ornement qui le décore ; Approche un peu plus près, puis il approche encore Si que, trouvant ce qu'il cherchait, Le voilà pris au trébuchet.

« Et d'un, dit l'Oiseleur, qui se tient à distance. Je suis à vous ; j'ai là tout ce qu'il faut

Pour vous prêter bonne assistance.

Entrez, petit; venez, sans résistance.

Justifier cette sentence :

Chacun est pris par son défaut. »

FABLE QUINZIEME

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