LES HKI'\ CHIENS ET LE LOUP
Un berger, qui, parfois, caressait la bouteille,
Eut le malheur, un jour, de céder à l'attrait D'un rendez-vous d'ami, convenu, dès la veille,
Pour le plus prochain cabaret.
a Mon troupeau, se dit-il, sans moi saura bien paître, Surveillé qu'il sera par deux excellents chiens. D'ailleurs, c'est à deux pas. . . Cependant, si mou maître Savait... lu verre, un seul ! je ne fais que paraître;
HiS FABLES.
Le verre pris,- aussitôt je reviens. »
Ei Guillot de courir où son penchant l'appelle.
Un Loup, qui taisait sentinelle, l'oit le berger partir, et lui , de s'approcher.
Il méditait une attaque nouvelle.
L'un des Chiens, l'ayant vu, lui cria sans broncher
"Sire Loup, que viens-tu chercher?
Voudrais-tu l'engager en lâcheuse querelle ? Es-tu las de ta peau? Nous pourrons t'éçorcher. »
Le Loup, qui la lui gardait belle.
Lui repart : « Cher ami, c'est à torl te lâcher.
Je ne viens pas te déclarer la guerre. J'ai pour toi, dès longtemps, une amitié sincère ; Je le jure, et voudrais te la voir partager.
Je n'en dis pas autant de ton confrère. Tu le sais, l'an passé , ni vous, ni le berger, \i même vos brebis, vous n'aviez à vous plaindre Jamais loup fut-il moins à craindre Que je l'étais? Prompt à vous proléger, Vous passiez, grâce à moi, jours et nuits sans dange
Autour de vous sécurité profonde ; Et, même, qui ne sait que, pour vous obliger,