I. A CHASSE A V \ PAPILLONS
Brillants fils de l'air et des fleurs.
Les Papillons, race légère,
A l'existence passagère.
Séduisent par l'éclat de leurs riches couleurs, Mais, pour l'œil qui les suit, leur allure incertaine
.\ quelque chose de boiteux; On ne les voit jamais aller droit devant eux.
Ils vont de eà, de .là, tantôt rasent la plaine,
Et, dans leur vol capricieux, Tantôt voudraient s'élever jusqu'aux cieux ;
On dirait qu'ils changent de place
Au gré d'un esprit inconstant, Au hasard et sans but, comme on voit dans l'espace (ne feuille qui tombe et s'en va s'agitant
Au gré du vent qui la pourchasse.
C'est le jeu des enfants de leur donner la chasse.
Après des Papillons d'autres courent aussi; Mais n'anticipons pas : voyons d'abord ceux-ci; Nous reviendrons de l'une à l'autre classe.
Dans ce sujet si plein de gravité, En apparence si frivole ,
Que de tableaux frappants de vérité!
Que de leçons pour l'homme! — Un Papillon qui vole , Un enfant qui le suit, qui saute et n'entend pas La cloche de l'étude ou celle du repas , Qui laisse là son livre et son maître et l'école, Qui court de tous côtés, qui va tout de bricole, Qui perd plume, écritoire et canif et compas, Et, dans son ardeur insensée,