LIVRE TROISIEME
Mais parler de leur suffrage En fait de savants accords, Ce n'est point là leur affaire.
Que vous chantiez mal ou bien.
Ils font ce qu'ils ont à faire ; Vos chants pour eux ne sont rien.
Que si vous me disiez, voisine,
Qu'épris de vos divins accents Le berger qui se tient au pied de la colline
Vous a prodigué son encens; Que lui, qui chante à l'heure où je chante moi-même , Exalté par l'éclat de vos sublimes airs A, sur son chalumeau, d'une douceur extrême, Mêlé ses propres chants , à vos propres concerts , Et que , vaincu vingt fois dans la divine lutte, Il a vingt fois fait taire et sa voix et sa flûte,
Je vous dirais de le choisir Pour juge d'un combat digne de son loisir. Que si devant lui seul, pour unique auditoire, Vous remportez jamais une telle victoire,
Alors, ce sera différent; Alors, je vous admets à partager ma gloire; Mais, jusque-là, souffrez que je garde mon rang. »
FABLE SIXIEME