LK PROPRIETAIRE ET LA MAPPEMOXDE
Un Propriétaire, orgueilleux De tous les biens dont ses aïeux Avaient formé son héritage.
Se plaisait à faire étalage De ses vastes possessions.
Orgueil, orgueil! ù toi des passions La plus commune et la plus vaine,
C'est toi , surtout , dont les prétentions Accusent la faiblesse humaine.
Ce riche, donc, à l'un de ses amis, Lequel était venu visiter son domaine,
Disait : « Ces biens qui m'ont été transmis, Ces prés, ces champs, enfin, toute cette élendue,
Si loin que peut porter la vue, Tout cela m'appartient; je suis roi de ces lieux, .le vous laisse à penser si j'ai des envieux; Mais que m'importe à moi? Je sais que la richesse Est tout , et que l'homme n'est rien S'il n'est possesseur d'un grand bien.
Depuis que c'est mon lot, je l'éprouve sans cesse; Ce qui fait l'homme grand, ce n'est point sa sagesse, \i son esprit, ni sa vertu,
Ni ses talents, ni tout autre mérite, C'est le bien qu'il possède, et j'en suis convaincu. Dans cette vérité j'ai ma loi tout écrite ; Et des ambitions la seule qui m'ait plu , C'est d'arrondir mon bien , de grossir ma fortune. L'homme qui s'arrondit n'a pas de superflu ; Chaque arpent ajouté remplit une lacune; El, d'ailleurs, j'ai l'espoir qu'avec l'aide de Dieu