LIVRE TROISIEME; 2<>;î
Le Singe qui mourait d'envie De l'être, cl pour cela d'éclipser le voisin. Quel qu'il fût, touille au magasin
Et, par plaisir la tiare essayant, Il fit autour force grimaceries , Tours de souplesse et mille singeries; Passa dedans ainsi qu'en un cerceau.
Aux animaux cela sembla si beau , Qu'il fut élu; chacun lui lit hommage.
Le renard seul regretta son suffrage.
Sans toutefois montrer son sentiment; Quand il eut fait son petit compliment, 11 dit au roi : « Je sais, sire, une cache. Et ne crois pas qu'autre que moi la sache. Or, tout trésor, par droit de royauté, Appartient, sire, à Votre Majesté. »
Le nouveau roi bâille après la finance; Lui-même y court pour n'être pas trompé C'était un piège; il y fut attrapé.
Le renard dit, au nom de l'assistance . Prétendrais-tu nous gouverner encor, Xe sachant pas te conduire toi-même ?
Il fut démis, et l'on tomba d'accord Ou à peu de gens convient le diadème.
(La Fontaim;, livre VI, fable (>.
Des gentiJlesses.de sa vie; Va jusqu'au fond du sac, y prend ses meilleurs sauts, Ses bonds les plus hardis, ses plus belles grimaces. Enfin tout ce qui doit émerveiller les masses ; Se pose en concurrent prêt pour tous les assauts, S'avance au premier plan, s'y place en évidence,
Fait sa première confidence A L'àne renommé pour sa voix de stentor; Lui parle du dessein qu'il aurait de distraire Messieurs les assistants, qui ne sont point encor A leur complet ; que , s'il consent à braire , Il l'accompagnera du cor; la, vient, traite avec tous de confrère à confrère. Fait le gros dos avec le dromadaire , Avec le chat fait patte de velours, Propose un menuet à l'ours; Et, suivant le besoin, pliant son caractère, S'incline en s'approchant du seigneur léopard,
Encense le lion, courtise la panthère, Regarde avec dédain les lazzis du Renard, Surtout tient à singer les manières de l'homme, Fait le brave et le beau , presque le gentilhomme ,
Et, tel qu'un autre Godefroi, Qui revêt son armure et cherche un palefroi ,