LA MARGUERITE ET LA PERVENCHE
— « Vous me gênez, restez à votre place, Sans pousser plus avant vos rameaux indiscrets. Pour vous laisser grandir, faut-il que je m'efface? Vous n'avez donc point vu mes traits?
Le vif éclat de ma corolle blanche N'aura donc point frappé vos yeux? »
Disait d'un accent dédaigneux, La Marguerite à la Pervenche.
» Si vous me connaissiez mieux Tous chercheriez à me plaire.
Car ma race vient des cieux , El j'ai l'aspect radieux De l'astre qui nous éclaire.
Sachez donc vous faire un devoii Des égards dus à ma haute origine. -
La Pervenche, sans s'émouvoir :
— « Pardon , pardon , nohle voisine , Je n'avais point d'abord aperçu vos rayons. Il ne faut pas que nous ayons Sur ce point la moindre querelle.
La gloire est sans doute fort belle D'être parente du soleil ; Mais ce n'est pas un honneur sans pareil.
Pour moi, ma grande demoiselle, One vous sortiez directement Des étoiles du firmament Ou du soleil ou de la lune, lotie grandeur n'a rien qui m'importune.