I. \ GAMELLE 1)1 CHIEN
Après qu'il cul lapé sa gamelle de soupe, Sultan, dans sa uiclie rentré, Kt sur sa paille concentré, Ramassé tout en rond; le museau sur sa croupe Semblait dormir, digérant sou repas,
Et cependant ne dormait pas.
Fidèle au poste et Taisant bonne garde,
Se fût mal avisé celui qui, par mégarde, Ou par mauvais dessein conduit ,
Près de la porte aurait fait quelque bruit,
Ou dans la cour se serait introduit Sans avoir à Sultan exhibé sa semelle.
Des reliefs demeurés au fond de la gamelle Avaient près de la niche attiré des moineaux. Les moineaux sont hardis, mais de prudente race,
Ce ne sont pas des étourneaux ; Chez eux la méfiance accompagne l'audace. Aller chercher pitance à la barbe du chien, L'entreprise était grande et promettait patine.
On voulait tenter l'aventure;
On le voulait, mais le moyen?
Car il fallait ensemble observer le gardien,
El happer sa miette au plus vite, Et déguerpir pour n'être pas surpris.
On les voyait, au risque d'être pris, S'aguerrir au dormeur, passer près de son gite , Tourner autour du pot, se poser sur ses bords, Et faire en se baissant d'incroyables efforts Pour atteindre au lopin; mais, comme un trouble-fête, La peur, la peur du chien commandait la retraite.