‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 84 sur 104 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

Au moindre bruil que faisait le collier, Moineaux de s'envoler, puis de se rallier,

Puis de s'y mettre de plus belle Et de recommencer l'assaut de la gamelle.

Enfin l'on prend courage, on s'accoutume au chien, A son allure on se façonne ; On voit qu'il est bonne personne, Et qu'il ne prend souci de les gêner en rien ; Soit sommeil, soit dédain, sa tranquille attitude Dissipe leur inquiétude ; Et les voilà, tout (riants du banquet, Hien résolus de risquer le paquet.

Mais le chat du logis qui savait son affaire, Et qui n'était pas là certes pour ne rien faire, Caché près de la niche, épiait son moment; Et sitôt que chacun, libre de toute crainte,

Et s'abandonnant sans contrainte, Ne vit plus dans le pot, trop perfide instrument.

Que pain bien cuit, que soupe bien trempée;

Que l'un, que l'autre, alternativement, S'en donnait à plaisir, prenait franche lippée, Lui, qui n'attend que l'heure où son dîner soit prêt.

Sur le gros des gourmands s'élance comme un trail Et sous sa griffe il sait vous les élreindre.

J'en voulais venir à ce point :

L'ennemi qu'on doit le plus craindre Est l'ennemi qu'on ne voit point.

FABLE TREIZIEME

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