‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 10 sur 271 · LIVRE I. FABLE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I. FABLE VI

C'est d'un chardonneret que le sort vous fit naître.

Vous ne fûtes jamais serin : regardez- vous,

Vous avez le corps fauve et la tète écarlate,

Le bec... — Oui, dit l'oiseau, j'ai ce qu'il vous plaira;

Mais je n'ai point une âme ingrate,

Et mon coeur toujours chérira

Ceux qui soignèrent mon enfance.

Si mon plumage au leur ne ressemble pas bien, J'en suis fâché ; mais leur cœur et le mien

Ont une grande ressemblance. Vous prétendez prouver que je ne leur suis rien,

Leurs soins me prouvent le contraire :

Rien n'est vrai comme ce qu'on sent.

Pour un oiseau reconnaissant

Un bienfaiteur est plus qu'un père 17 .

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