‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 11 sur 271 · LE CHAT ET LE MIROIR · texte numérisé non relu

LE CHAT ET LE MIROIR

Philosophes hardis, qui passez votre vie 18 A vouloir expliquer ce qu'on n'explique pas,

Daignez écouter, je vous prie,

Ce trait du plus sage des chats.

Sur une table de toilette

Ce chat aperçut un miroir ; Il y saute, regarde, et d'abord pense voir

Un de ses frères qui le guette.

Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté* Surpris, il juge alors la glace transparente,

Et passe de l'autre côté, Ne trouve rien, revient, et le chat se présente; Il réfléchit un peu : de peur que l'animal.

Tandis qu'il fait le tour, ne sorte, Sur le haut du miroir il se met à cheval, Une patte par-ci, l'autre par-là, de sorte

Qu'il puisse partout le saisir.

Alors, croyant bien le tenir, Doucement vers la glace il incline sa tête, Aperçoit une oreille, et puis deux... A l'instant,

A droite, à gauche, il va jetant

Sa griffe qu'il tient toute prête ; Mais il perd l'équilibre, il tombe et n'a rien pris.

Alors, sans davantage attendre, Sans chercher plus longtemps ce qu'il ne peut comprendre, Il laisse le miroir et retourne aux souris.

Que m'importe, dit-il, de percer ce mystère?

Une chose que notre esprit, Après un long travail, n'entend ni ne saisit,

Ne nous est jamais nécessaire.

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