‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 101 sur 271 · LIVRE IV. FABLE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. FABLE V

Perruche, cardinal, serin,

Regardaient aussi l'arlequin.

La perruche disait : J'aime peu son visage, Hais son charmant habit n'eut jamais son égal; Il est d'un si beau vert î Vert ! dit le cardinal :

Vous n'y voyez donc pas, ma chère?

L'habit est rouge assurément ;

Voilà ce qui le rend charmant.

Oh ! pour celui-là, mon compère, Répondit le serin, vous n'avez pas raison,

Car l'habit est jaune-citron; Et c'est ce jaune-là qui lait tout son mérite. — Il est vert, -r- H est jaune. — Il est rouge, morbleu,

Interrompt chacun avec feu;

Et déjà le trio s'irrite.

Amis, apaisez-vous, leur crie un bon pivert,

L'habit est jaune, rouge et vert.

Cela vous surprend fort, voici tout le mystère : Ainsi que bien des gens desprit et de savoir, Mais qui d'un seul côté regardent une affaire,

Chacun de vous ne veut y voir

Que la couleur qui sait lui plaire.

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