‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 102 sur 271 · LE HIBOU ET LE PIQEON · texte numérisé non relu

LE HIBOU ET LE PIQEON

Que mon sort est affreux! s'écriait un hibou : Vieux, infirme, souffrant, accablé de misère,

Je suis isolé sur la terre, Et jamais un oiseau n'est venu dans mon trou Consoler un moment ma douleur solitaire.

Un pigeon entendit ces mots,

Et courut auprès du malade :

— Hélas ! mon pauvre camarade,

Lui dit-il, je plains bien vos maux.

Mais je ne comprends pas qu'un hibou de votre âge

Soit sans épouse, sans parents,

Sans enfants ou petits-enfants.

N'avez-vous point serré les nœuds du mariage

Pendant le cours de vos beaux ans ?

Le hibou répondit : — Non, vraiment, mon cher frère :

Me marier! Et pourquoi faire?

J'en connaissais trop le danger.

Vouliez-vous que je prisse une jeune chouette

Bien étourdie et bien coquette, Qui me trahît sans cesse ou me fît enrager; Qui me donnât des fils d'un méchant caractère,

Ingrats, menteurs, mauvais sujets,

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