‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 107 sur 271 · LE LABOUREUR DE CASTILLE · texte numérisé non relu

LE LABOUREUR DE CASTILLE

Le plus aimé des rois est toujours le plus fort.

En vain la fortune l'accable ; En vain mille ennemis, ligués avec le sort, Semblent lui présager sa perte inévitable :

L'amour de ses sujets, colonne inébranlable,

Rend inutile leur effort.

Le petit-fils d'un roi, grand par son malheur même, Philippe, sans argent, sans troupes, sans crédit 16 ,

Chassé par l'Anglais" de Madrid 17 ,

Croyait perdu son diadème.

Il fuyait presque seul, déplorant son malheur : Tout à coup à ses yeux s'offre un vieux laboureur, Homme franc, simple et droit, aimant plus que sa vie Ses enfants et son roi, sa femme et sa patrie ; Parlant peu de vertu, la pratiquant beaucoup; Riche, et pourtant aimé, cité dans les Castilles

Comme l'exemple des familles ;

Son habit, filé par ses filles,

Était ceint d'une peau de loup.

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