‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 108 sur 271 · LIVRE IY. FABLE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IY. FABLE VIII

Sous un large chapeau, sa tête bien à Taise Faisait voir des yeux vifs et des traits basanés,

Et ses moustaches de son nez

Descendaient jusque sur sa fraise.

Douze fils le suivaient, tous grands, beaux, vigoureux ; Un mulet chargé d'or était au milieu d'eux.

Cet homme, dans cet équipage, Devant le roi s'arrête, et lui dit : Où vas-tu?

Un revers t'a-t-il abattu?

Vainement l'archiduc a sur toi l'avantage; C'est toi qui régneras, car c'est toi qu'on chérit.

Qu'importe qu'on t'ait pris Madrid ?

Notre amour t'est resté, nos corps sont tes murailles; Nous périrons pour toi dans les champs de l'honneur.

Le hasard gagne les batailles, Mais il faut des vertus pour gagner notre cœur. Tu l'as, tu régneras. Notre argent, notre vie, Tout est à toi, prends tout. Grâces à quarante ans

De travail et d'économie, Je peux t'offrir cet or. Voici mes douze enfants, Voilà douze soldats : malgré mes cheveux blancs, Je ferai le treizième ; et, la guerre finie, Lorsque tes généraux, tes officiers, tes grands, Viendront te demander, pour prix de leur service,

Des biens, des honneurs, des rubans, Nous ne demanderons que repos et justice .

C'est tout ce qu'il nous faut. Nous autres pauvres gens, Nous fournissons au roi du sang et des richesses;

Mais, loin de briguer ses largesses,

Moins il donne et plus nous l'aimons.

Quand tu seras heureux, nous fuirons ta présence,

Nous te bénirons en silence ;

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