‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 113 sur 271 · LE COURTISAN ET LE DIEU PROTÉE · texte numérisé non relu

LE COURTISAN ET LE DIEU PROTÉE

On en veut trop aux courtisans.

On va criant partout qu'à l'État inutiles, Pour leur seul intérêt ils se montrent habiles.

Ce sont discours de médisants.

J'ai lu, je ne sais où, qu'autrefois en Syrie* 1 Ce fut un courtisan qui sauva sa patrie.

Voici comment. Dans le pays

La peste avait été portée, Et ne devait cesser que quand le dieu Protée

Dirait là-dessus son avis.

Ce dieu, comme l'on sait, n'est pas facile à vivre : Pour le faire parler il faut longtemps le suivre,

Près de son antre l'épier,

Le surprendre, et puis le lier,

Le Lapin et la Sarcelle.

Dit-elle, ma mère mentit Quand elle m'assura que les noix étaient bonnes. Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit ! Elle jette la noix. Un singe la ramasse,

Vite entre deux cailloux la casse,

L'épluche, la mange, et lui dit *

Votre mère eut raison, ma mie, Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir.

Souvenez-vous que, dans la vie, Sans un peu de travail on n'a point de plaisir.

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